c’était jeudi 16 octobre 2025
Synthèse de la 2ème Journée d’études Patrimoines, Architectures et Paysages des Périphéries
Le 16 octobre dernier, la deuxième Journée d’études consacrée aux Patrimoines, Architectures et Paysages des Périphéries s’est tenue au Plus Petit Cirque du Monde à Bagneux. Organisé dans le cadre du programme Patrimoines et Architectures des Périphéries — fondé, structuré et déployé par Le Plus Petit Cirque du Monde — cet événement vise à reconnaître la vitalité des périphéries urbaines, valoriser leurs passés, interroger leurs enjeux actuels et imaginer leurs possibles futurs. Plus de 100 chercheur·euses, architectes, étudiant·es, habitant·es et acteur·rices associatif·ves ont ainsi croisé leurs expertises et leurs expériences pour questionner ce qui fonde l’héritage des villes des périphéries. Une journée de réflexion collective nourrie par des productions visuelles, textuelles et cartographiques et, marquée symboliquement par les 10 ans du bâtiment du Plus Petit Cirque du Monde, conçu par Loïc Julienne et Patrick Bouchain.
Sont intervenu·e·s lors de cet événement :
Marie-Hélène Amiable, Khadija Barkani, Inès Belghit, Emmanuel Bellanger, Patrick Bouchain, Kenza Boumaaz, Cathy Bouvard, Fanny Cottet, Nancie Cumet, Alexandre Field, Simon Givelet, Mathilde Huet, Massimo Hulot, Marcin Idzkowski, Dimitra Kanellopoulou, Anne-Gaëlle Leydier, Elise Martinot, Quentin Metge, Caroline Niémant, Joachim Pflieger et Carl Segaud.
À l’issue de cette journée et, à partir des différents échanges, Le Plus Petit Cirque du Monde a structuré 10 grands principes et 10 propositions inhérentes qui irrigueront les actions du programme Patrimoines et Architectures des Périphéries, tout au long de l’année à venir.
jigsaw donne à partagé la synthèse de la 2ème Journée d’études Patrimoines et Architectures des Périphéries ci-dessous.
L’aftermovie est à retrouver : ICI.
Également, à retrouver – en fin de communiqué : les grands rendez-vous collectifs en 2026 du programme Patrimoines et Architectures des Périphéries.

Principe 01
Les périphéries : laboratoires privilégiés pour inventer de nouvelles manières de faire la ville
Par leurs positions, leurs histoires et les luttes qu’elles portent, les périphéries apportent un regard différent de la fabrique de la ville et des façons d’habiter. En diversifiant les approches, d’autres expérimentations voient le jour, de nouvelles réflexions émergent, les regards s’élargissent.
Proposition 01
Inverser le stigmate : partir des banlieues comme centralités, lieu d’engagement et d’innovation – par exemple : l’AmuloP, musée du logement populaire
« C’est en dehors du centre-ville qu’on peut le mieux parler de ses dysfonctionnements, et qu’on peut les réparer. »
Eleftérios Kechagioglou – Directeur du Plus Petit Cirque du Monde

Principe 02
L’architecture : un art populaire
Les savoirs sociaux sont aussi importants que les savoirs académiques. Par le simple fait d’habiter un espace, nous avons toutes et tous une expérience et une connaissance propre de ce dernier. La fabrique du territoire ne se fait pas seulement par les architectes, urbanistes, acteur·rices du territoire, élu·es mais aussi par ceux et celles qui l’habitent et le vivent.
Proposition 02
Valoriser et développer les initiatives qui permettent de s’approprier collectivement les espaces : balades urbaines, fête dans les espaces publics…
« On considère que l’architecture est un art réservé aux spécialistes, alors que moi, je pense que l’architecture est l’art le plus populaire. Nous habitons tous donc nous avons tous une expérience d’architecture, nous avons tous, contrairement à ce que l’on croit, quelque chose à dire sur notre environnement. »
Patrick Bouchain – Architecte du Plus Petit Cirque du Monde et Grand Prix de l’Urbanisme 2019

Principe 03
L’architecture : un bien social partagé
L’architecture est un objet de négociation : on négocie un territoire que l’on construit, on négocie avec ses voisins la disponibilité, la vue, les espaces partagés… On n’impose pas un modèle d’en haut. Faire projet, c’est ainsi d’abord faire récit, c’est reconnaître et inventer quelque chose ensemble, trouver des mots et des récits pour ce faire, sans forcément se mettre d’accord ni nier la complexité des sujets.
Proposition 03
Favoriser l’émergence de lieux et de projets qui offrent un espace de dialogue et de travail collectif, comme les permanences architecturales – par exemple : utiliser le chantier comme un lieu de réunion des habitant·e·s, élu·e·s, ouvrier·ère·s, technicien·ne·s, architectes, acteur·rice·s du territoire
« Nous sommes tous les représentants d’une manière d’habiter, on a tous une expertise, on doit se parler, on doit négocier, on doit faire quelque chose sur un temps très long. »
Alexandre Field – Maître de Conférences ENSA Marseille et co-fondateur du Bureau des Guides

Principe 04
Le respect du déjà-là : un acte de mémoire et de construction de futurs projets
Faire avec l’existant, c’est considérer le territoire sur lequel on intervient : reconnaître l’histoire qui s’est écrite en amont, ne pas déplacer les problèmes existants, se souvenir pour ne plus reproduire et en faire une caractéristique du projet urbain. On s’adresse à la fois aux vécus et aux caractéristiques des sols pour s’adapter aux possibilités de ceux-ci et ainsi mener des projets plus ancrés.
Proposition 04
Rendre hommage et garder en mémoire les lieux qui ont vocation à être détruits – par exemple : penser le réemploi comme outil de mémoire des anciennes conditions de vie, des vies qui ont traversé différents lieux
« On sait qu’il faut quand même un changement, on ne sait pas lequel. Et en même temps, on aimerait bien que ça reste comme ça, parce qu’un bâtiment, ce n’est pas juste un lieu où on a vécu, où on est passé, c’est un lieu où il y a une histoire, il y a une mémoire. Quand on change un endroit, ça change aussi ce qui a été vécu. »
Inès Belghit – Étudiante bénévole au sein de L’Etincelle, média participatif imaginé par des jeunes de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil

Principe 05
L’implication des habitant·e·s : un fondamental dans la valorisation des patrimoines des périphéries de mémoire et de construction de futurs projets
Au-delà d’une simple prise en compte de la parole des habitant·es dans la construction de projets architecturaux ou urbains, il s’agit d’abord de créer des espaces où leur parole puisse être exprimée, entendue et reconnue comme légitime, sans médiation qui parle à leur place. Ainsi, valoriser les patrimoines des banlieues suppose d’abord de permettre à celles et ceux qui y vivent, et qui les connaissent le mieux, d’exprimer la richesse de leurs expériences.
Proposition 05
Donner la parole pour porter les voix et les récits des habitant·es dans le cadre de lieux et de moments dédiés et partagés, grâce à des outils de transmission et de valorisation des témoignages (éditions, podcasts, vidéos) – par exemple : le podcast Les Concerné·es
« Nous, on dit toujours que nous aurons réussi notre travail le jour où les quartiers populaires seront un endroit d’où l’on parle mais pas dont on parle. »
Cathy Bouvard – Directrice des Ateliers Médicis

Principe 06
La pédagogie : un élément central et structurant
La pédagogie comme élément central à la fois pour les étudiant·es, les jeunes en apprentissage : comment les périphéries, leurs spécificités et leurs prospectives intègrent-elles les programmes d’école d’architecture, de sciences sociales, d’urbanisme, d’ingénierie ? Comment deviennent-elles des objets de connaissance et de documentation ?
Mais aussi, la pédagogie à destination de toutes et tous : comment continue-t-on, dans les projets de transformation urbaine, à réunir des savoirs et savoir-faire, à apprendre différemment, à partager les savoirs entre les services de la ville, les élu·es, les habitant·es, les aménageurs… ?
Proposition 06
Documenter et partager les histoires, les transformations urbaines et les projets expérimentaux des périphéries afin de créer du savoir et des horizons communs
« L’autre enjeu, bien sûr, c’était une histoire scientifique, une histoire qui renouvelle nos connaissances sur le peuplement de ces grands-ensembles et qui, surtout, va permettre de donner des armes intellectuelles, scientifiques, pédagogiques à ces enseignants de la banlieue pour raconter l’histoire de France autrement. »
Emmanuel Bellanger – Historien, directeur du Centre d’histoire sociale des mondes contemporains de l’Université Paris 1

Principe 07
La réparation des sols des périphéries : un acte non négligeable dans la fabrique des transformations urbaines
Pendant longtemps, les sols des périphéries étaient le réceptacle de ce qui n’était pas souhaité dans les villes. Très pollués, leur dépollution n’est pas toujours possible ni souhaitable et pose des questions environnementales. Leur réparation passe par une re-fonctionnalisation des sols et l’adoption d’une approche dégénérative, ainsi que par le questionnement des activités qui peuvent avoir lieu dessus.
Proposition 07
Mettre en place des activités qui favorisent la réoxygénation des sols et le retour de la biodiversité

Principe 08
L’expérimentation en continu : du mouvement pour des projets urbains pérennes
Garantir le mouvement et le transitoire d’un projet est la base solide d’une construction durable. Il faut continuer à tester, s’adapter, prototyper, se donner le droit à l’erreur… sur le long terme. L’expérimentation crée les conditions nécessaires à la rencontre, au dialogue entre les acteurs. Le caractère temporaire des expérimentations doit ensuite laisser place au pérenne, sans perdre son caractère expérimental.
Proposition 08
Penser une programmation ouverte qui évolue selon les propositions, envies et besoins liés au territoire et aux projets

Principe 09
De nouveaux imaginaires collectifs pour révéler et révolutionner les possibles
Le bouillonnement des expérimentations crée un rayonnement beaucoup plus large que les projets eux-mêmes, qui résonnent et façonnent de nouveaux imaginaires. C’est cette résonance qui touche les acteurs de la transformation urbaine mais aussi les enseignant·es des écoles d’architecture et les habitant·e·s.
Proposition 09
S’appuyer sur des lieux et projets culturels du territoire dans les transformations urbaines pour générer, faire vivre des imaginaires partagés et en créer de nouveaux

Principe 10
Réaffirmer le caractère politique de l’architecture
« Au sein de l’enseignement en architecture, notre responsabilité est aussi de parler politique. Car l’on ne peut pas dissocier l’acte de bâtir, d’imaginer un monde meilleur par la forme, par les rapports sociaux des personnes qui habitent un territoire, on ne peut pas dissocier l’architecture de la politique.
[…]
L’acte de construire est éminemment politique. »
Dimitra Kanellopoulou – Architecte, ingénieure et enseignante à l’ENSA Paris-Malaquais

c’était jeudi 16 octobre 2025
+ 2ème Journée d’études Patrimoines, Architectures et Paysages des Périphéries
– Lieu : Le Plus Petit Cirque du Monde
– Actes : à retrouver en mars
19 février 2026
+ Vernissage de l’exposition Périphéries, S’engager avec le déjà-là
– Lieu : Galerie Callot — ENSA Paris-Malaquais
20 février au 13 mars 2026
+ Exposition Périphéries, S’engager avec le déjà-là
– Lieu : Galerie Callot — ENSA Paris-Malaquais
03 avril 2026
+ Restitution ouverte du Projet Lycée de demain
– Lieu : Le Plus Petit Cirque du Monde
26 juin 2026
+ Vernissage de l’exposition Prendre Place
– Lieu : Le Plus Petit Cirque du Monde
29 juin au 02 juillet 2026
+ Exposition Prendre Place
– Lieu : Le Plus Petit Cirque du Monde
19 septembre 2026
+ Le Grand Voyage
Livret 2025 : ICI
octobre 2026
+ 3ème Journées d’études Patrimoines, Architectures et Paysages des Périphéries — Rencontres internationales
à l’année
Patrimoines et Architectures des Périphéries
Programme conçu et mis en œuvre par Le Plus Petit Cirque du Monde
+ Conseil scientifique :
Emmanuel Bellanger – Directeur de recherche du CNRS, Directeur du Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (CHS) de l’Université Paris 1 – Campus Condorcet, Cathy Bouvard – Directrice des Ateliers Médicis, Juliette Bompoint – Ex-directrice de Périféeries Saint-Denis 2028 – Candidature pour le titre Capitale Européenne de la Culture – Initiatrice de projets à fort impact culturel, social et solidaire, Jean-Baptiste de Froment – Directeur de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris Malaquais, normalien et agrégé de philosophie, Maria Gravri-Barbas – Professeure à l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, directrice de la Chaire UNESCO Culture, Tourisme, Développement, architecte et géographe, Dimitra Kanellopoulou – Architecte-ingénieure (NTUA), urbaniste (ENPC), maître de conférences à l’École Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais (ENSAPM), Sophie Thollot – Directrice du CAUE 92
+ Partenaires :
– Institutions publiques, collectivités territoriales et opérateurs publics : Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), Ville de Bagneux, Département des Hauts-de-Seine, Métropole du Grand Paris (MGP), Ministère de la Culture — DRAC Île-de-France, Région Île-de-France, Vallée Sud – Grand Paris (VSGP)
– Fondations privées et entreprises : Caisse des Dépôts, Fondation de France, Fondation des Solidarités Urbaines, Fondation Groupe EDF, Fondation Nexity, Fondation Orange, Fondation Vinci pour la Cité, Schneider Electric
– Acteurs de l’architecture, de l’urbanisme et de la recherche : Association du Pré – Parc, Chaire Eff&t, ENSA La Villette, ENSA Malaquais, La Main Foncièrement Culturelle, Rural Expérimental
– Acteurs culturels et artistiques : Ateliers Médicis, Institut Français, L’Azimut – Pôle National Cirque Antony, Les Gémeaux – Scène Nationale de Sceaux, Association Métis’Gwa, Théâtre Victor Hugo à Bagneux, Touka Danses – Centre de Développement Chorégraphique National de Guyane
– Associations locales et citoyennes : Bagneux Environnement, La Régie de Quartier – Bagneux, Habiter la Porte d’en bas – un quartier, la Ville
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