04 au 06 juin 2026 : Les Nuits de Fourvière à Lyon + 16 au 18 juin 2026 : Festival de Marseille + 17 au 19 décembre 2026 : Festival d’Automne à Paris
Ce que le ciel ne sait pas
œuvre plastique & chorégraphique
création collective monumentale
Le 04 juin 2026, à Lyon, aux SUBS, dans le cadre des Nuits de Fourrière – Festival international de la Métropole de Lyon et en coréalisation avec les Ateliers Frappaz – CNAREP, aura lieu la première de Ce que le ciel ne sait pas : œuvre plastique & chorégraphique inédite issue d’une création collective monumentale de Feda Wardak – architecte et artiste afghano-français à la direction artistique et dramaturgique, Saïdo Lehlouh – chorégraphe à la chorégraphie et collaboration dramaturgique et Deena Abdelwahed – DJ, compositrice, productrice et chanteuse tunisienne à la création sonore.
Ce que le ciel ne sait pas prend la forme d’une oeuvre plastique monumentale et immersive, mettant en récit les dynamiques impérialistes qui ont opéré en Afghanistan et les résistances paysannes qui y ont répondu, à travers la recherche de l’eau. L’œuvre se caractérise par un immense escalier hélicoïdal qui tourne sur son axe central. Il s’agit d’une interprétation de la vis sans fin qui est utilisée pour forer les sols afin d’en extraire les matières. L’installation est activée par une performance chorégraphique, accompagnée d’une création sonore et lumière.
L’interdisciplinarité permet de mettre en récit une enquête qui s’intéresse à la manière dont un même évènement, ici une frappe de drone en Afghanistan, peut être le témoin de différentes formes d’extractivisme : celui des sols avec l’extraction des matières premières, celui des corps par l’exil et l’épuisement lié à l’effort, et enfin celui des identités culturelles effacées par des logiques de déplacement ou d’assimilation.
Ce que le ciel ne sait pas s’inscrit dans le répertoire d’œuvres visuelles, performatives, cinématographiques, sonores… Chercheurs d’eau – initié et composé par Feda Wardak – qui s’intéresse aux effets de l’impérialisme occidental en Afghanistan et aux résistances qui y répondent dans les zones tribales afghanes.
En 2026, après Lyon, Ce que le ciel ne sait pas est programmé du 16 au 18 juin, à Marseille — à la Vieille Charité, dans le cadre du Festival de Marseille et en coréalisation avec Lieux Publics – CNAREP et du 17 au 19 décembre, à Paris — à la Grande Halle de la Villette (Paris) dans le cadre du Festival d’Automne à Paris et en coréalisation avec le Centre Pompidou.

Ce que le ciel ne sait pas
Intention
Ce que le ciel ne sait pas est une œuvre plastique monumentale, support aussi d’une performance chorégraphique collective qui se défend comme une enquête forensique. Cette enquête s’intéresse à la manière dont un même évènement, ici une frappe de drone en Afghanistan, peut être le témoin de différentes formes d’extractivisme ; celui des sols avec l’extraction des matières premières, celui des corps par l’exil et l’épuisement lié au travail, et enfin celui des identités culturelles effacées par des logiques de déplacement ou d’assimilation.
Un évènement qui se raconte selon trois perspectives différentes, situées dans trois contextes spatiaux différents ; le ciel, les sols et les sous-sols.
Ici, la notion d’évènement ne se limite pas à l’explosion mais aussi à ses causes, et surtout à ses conséquences, particulièrement sur les systèmes de gestion d’eau millénaires. Cet évènement ne se raconte pas uniquement à travers le prisme habituel de l’oppresseur, mais également depuis le point de vue de l’oppressé.
Ainsi la création donne à voir les formes de résistances qu’une partie de la société tribale afghane met en place pour répondre à ces attaques. Ces résistances se font par l’eau, avec les derniers chercheurs d’eau afghans. Eux tentent de capter la ressource alors que les ouvrages millénaires qui la distribuaient se sont effondrés à cause des bombardements de l’armée américaine.
L’œuvre se matérialise par un immense escalier en colimaçon, sur trois niveaux qui tourne sur son axe vertical. L’installation renvoie formellement à la vis sans fin, utilisée au IIIème siècle av. J-C. sur les berges du Nil à la fois pour trouver de l’eau, mais également pour la faire remonter afin de permettre l’irrigation des terres. Le principe est assez basique ; lorsque la vis se met à tourner dans une matière quelconque (terre, roche, bois, eau…), elle se met à creuser cette dernière qu’elle fait remonter à la surface.
Dans les zones tribales afghanes, depuis 1500 ans, les milieux arides sont alimentés en eau grâce aux karez. Il s’agit de galeries souterraines creusées, sur plusieurs kilomètres qui permettent de capter l’eau sous les nappes phréatiques perchées sous la montagne. Par l’intermédiaire d’une pente douce, l’eau s’écoule en continue, toute l’année. Cependant, les dynamiques impérialistes des cinquante dernières années et les bombardements qui y sont liés ont fait vibrer les sols. Beaucoup de karez se sont effondrés, et les sourciers ainsi que les karezkan (creuseurs de karez) qui agissaient pour leur ,restauration ont été pris pour cible par les drones tueurs. La destruction de ces infrastructures hydrauliques, et la disparition des artisans ont conduit à des sécheresses, à des exodes et à la disparition de savoir-faire millénaires.
Depuis 2012, dans le district de Jeghatu, un réseau d’artisans afghans travaille à la restauration de ces voies d’eau disparues. Dans un premier temps, les sourciers,cherchent les veines d’eau souterraines, avant qu’une foreuse de puits ne vienne percer le sol sur plusieurs dizaines de mètres. La foreuse est équipée d’une grosse mèche qui fonctionne comme une vis sans fin. Avecla pression de l’eau, celle-ci jaillit à l’image d’un geyser. Dans un premier temps, c’est donc à la surface que se dessine le tracé souterrain du karez. En parallèle, ce même outil, dans une version gigantesque, a été utilisé par les multinationales afin de sonder les montagnes afghanes et leurs sous- sols pour l’exploitation des ressources naturelles (minerais, gaz, pétrole, terres agricoles…). Il y a d’une part les ingérences politiques et militaires, et d’autre part la manière dont leurs conséquences agissent et alimentent les marchés internationaux. Le même outil, la vis sans fin, raconte deux récits qui se confrontent. D’une part, la manière dont les conflits en Afghanistan ont participé à puiser les sols, à épuiser les corps et à transformer et faire disparaître des identités culturelles afghanes. D’autre part, la manière dont la résistance afghane agit pour faire revenir l’eau et préserver des savoir-faire millénaires. Au récit dominant, construit depuis le ciel, les artisans afghans répondent par un récit souterrain, venu des sous-sols.
Ce que le ciel ne sait pas est une création artistique intégrée au répertoire d’oeuvres Chercheurs d’eau – initié et composé par Feda Wardak.
Ce répertoire veut rendre visible les contre-récits afghans, en rupture avec les récits dominants impérialistes qui ont légitimé les invasions et occupations étrangères. Pour cela, Chercheurs d’eau met en relation et en tension trois contextes spatiaux : le ciel, les sols et les sous-sols. Depuis le ciel s’exerce le contrôle des forces militaires occidentales, les stigmates au sol racontent les violences de l’appareil impérialiste, tandis que depuis les sous-sols la résistance afghane se fait par la réparation de voies d’eau millénaires. Chercheurs d’eau est un répertoire qui se construit au fil des années et sera protéiforme avec des œuvres visuelles, performatives, cinématographiques, sonores…
FEDA WARDAK
Feda Wardak est un architecte et un artiste afghano-français basé à Paris. Il s’intéresse aux modèles d’organisation de certaines communautés qui se construisent indépendamment de l’aide des pouvoirs publics.
En Afghanistan, il mène des recherches depuis plusieurs années sur son territoire d’origine, le district de Jeghatu. Il travaille avec des artisans locaux dont les savoir-faire sont mis en péril à cause des dynamiques impérialistes et capitalistes. Ensemble, ils pensent à construire des espaces d’auto-détermination politique et culturelle à travers la préservation et la transmission de ces savoir-faire.
En France, il s’intéresse aux incohérences liées à l’aménagement de certains territoires engagés dans des rénovations urbaines. Il tente de mettre en récit les violences invisibles qui agissent sur ces environnements et sur les corps qui les traversent. Ses projets ambitionnent de révéler les inégalités de classes sociales et d’ethno- racialité qui s’exercent sur des territoires qui se transforment.
Le travail de Feda Wardak a été présenté entre autres à la Biennale d’architecture de Venise en 2018, au MAC VAL à Vitry-sur-Seine en 2019, aux Ateliers Médicis à Clichy-sous-Bois/Montfermeil en 2019 et 2021, lors du Dhaka Art Summit en 2020, à la Condition Publique à Roubaix en 2022, à la Biennale d’Architecture de Chicago en 2023, à la Biennale d’art de Lagos en 2024, au Centre d’arr Les Églises à Chelles en 2024, à la Contemporaine – Triennale de Nîmes en 2024, à la Biennale d’ar contemporain de Lyon en 2024 et au CAIRN – Centre d’art de Digne-les-Bains en 2025. Des œuvres de Feda Wardak seront présentées en 2026 à la Fondation Cartier à Paris, lors du festival Public Art Munich et à l’Académie des Arts de Berlin. Il a été lauréat de la Villa Albertine en 2023.
SAÏDO LEHLOUH
« La nécessité de rappeler à l’autre le besoin de sa présence » : voilà la matière dont est tissé le parcours du chorégraphe Saïdo Lehlouh.
Tourné vers la notion de groupe dès ses prémices, il marque de son empreinte l’histoire du breakin’ dans les années 2000 avec le Bad Trip Crew. Cette « touche » propre aux breakers français, proche du mouvement félin, Saïdo Lehlouh l’explore et l’exporte hors des terrains de compétition, d’abord avec Wild Cat en 2014 puis avec Apaches en 2018.
Plaçant la notion d’altérité au centre de son travail, il crée la compagnie Black Sheep aux côtés de Johanna Faye et co-signe les spectacles Iskio (2015), Fact (2017) et Earthbound (2021) dans lesquels la création musicale en live y côtoie une distribution plurielle.
En 2024, Saïdo Lehlouh propose Témoin, partant d’un protocole de rencontre dansée et de recherche formelle qui retrace les croisements d’interprètes autodidactes aux identités fortes. Saïdo Lehlouh est membre du collectif FAIR·E, co-directeur du CCN de Rennes et de Bretagne, artiste associé au Théâtre de la Ville-Paris.
DEENA ABDELWAHED
Deena Abdelwahed est une DJ, compositrice, productrice et chanteuse tunisienne, qui a grandi au Qatar. Le magazine Trax la considère comme « l’une des plus prometteuses représentantes de la scène alternative du Maghreb ». Activiste majeure de la scène électronique, elle développe une exigeante pratique expérimentale sans jamais négliger le dancefloor.
Deena Abdelwahed arrive en France à l’âge de 26 ans après avoir fait ses armes sur la scène de Tunis et au sein du collectif Arabstazy. Autodidacte à la recherche du son du futur, elle construit ses sets comme des laboratoires de recherche, sur le fil du rasoir de la musique club avant-gardiste.
Deena Abdelwahed a signé sur le label parisien InFiné plusieurs disques, dont Khonnar (2018) et Dhakar (2020). Ses explorations sont des tentatives pour se réapproprier les éléments qui forment la diversité de la musique arabe et sont influencées autant par la musique des Clubs que par la scène expérimentale actuelle. En Live set ou en DJ set, Deena Abdelwahed a joué notamment au Sonar Festival en Espagne, au CTM Festival à Berlin, au Mutek Festival à Mexico et dans des clubs comme Concrete à Paris, le Berghain à Berlin et Mutabor à Moscou.
à partir du 04 juin 2026 : création
Ce que le ciel ne sait pas
+ Direction artistique et dramaturgique : Feda Wardak
+ Chorégraphie et collaboration à la dramaturgie : Saïdo Lehlouh
Avec : Mehdi Baki, Kaê Brown Carvalho, Marina De Remedios, Jerson Diasonama et Sonia Ichti
+ Musique : Deena Abdelwahed
+ Lumière : Tom Visser
+ Régie générale : Pernette Bénard, Alexis Rostain et Pierre Staigre
+ Régie lumière : Loïs Simac
+ Régie son : Chloé Baumeige
+ Direction de production : Antoine Blesson
+ Administration : Jason Abajo
+ Chargée de production : Sophie Roux-Mayoud
+ Construction escalier : Les Ateliers Sud Side
+ Ingénierie escalier : Assemblage Ingénierie
+ Construction praticable : La Fabrique à Projets
+ Ingénierie praticable : C3 Sud-Est
+ Production : Le Grand Gardon Blanc
+ Coproduction : Les Nuits de Fourvière – Festival international de la Métropole de Lyon ; Centre Pompidou – Département culture et création, Paris ; Festival d’Automne à Paris ; La Villette, Paris ; Lieux Publics – CNAREP & Pôle international de production et de diffusion, Marseille ; Festival de Marseille
+ Avec le soutien du mécénat de la Caisse des Dépôts
+ Avec l’aide à la création de la Région Île-de-France
+ Avec le soutien en résidence du CN D – Centre National de la Danse et du Palc – Pôle National Cirque de Châlons-en-Champagne – Grand Est
04 au 06 juin 2026
Ce que le ciel ne sait pas aux SUBS (Lyon), dans le cadre des Nuits de Fourrière – Festival international de la Métropole de Lyon et en coréalisation avec les Ateliers Frappaz – CNAREP
16 au 18 juin 2026
Ce que le ciel ne sait pas à la Vieille Charité (Marseille), dans le cadre du Festival de Marseille et en coréalisation avec Lieux Publics – CNAREP
17 au 19 décembre 2026
Ce que le ciel ne sait pas à la Grande Halle de la Villette (Paris), dans le cadre du Festival d’Automne à Paris et en coréalisation avec le Centre Pompidou
+ Interviews/visuels presse : ICI
automne 2026 : autres projets à venir
Œuvres inédites de Feda Wardak à la Fondation Cartier à Paris + au festival Public Art Munich + à l’Académie des Arts de Berlin