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#76 — nouvelle formule : la culture de l’image
Fisheye est le magazine qui décrypte le monde à travers la photographie contemporaine. Actuellement en kiosque, le numéro 76 est le deuxième de la nouvelle formule, s’élargissant à la culture de l’image.
À l’heure où la photographie se dilue dans un flux continu, Fisheye réaffirme son engagement envers le processus créatif et le regard des auteurs.
Repensé pour être au plus près du travail des artistes — avec une maquette épurée qui s’accorde avec la volonté de sublimer les œuvres et faire place à l’essentiel — Fisheye Magazine s’organise en cinq séquences traversées, pour ce numéro 76 par la question : Qui sommes-nous ?

Identités, sortilèges
« Il y a un mal silencieux qui parcourt notre époque : celui de ne plus savoir qui l’on est. Alors que les territoires se reconfigurent et que les généalogies s’effacent, l’identité n’est plus un socle, mais un mouvement. Dans ce numéro, la photographie ne cherche plus à fixer une vérité, elle devient une « table de passage » où le réel se métamorphose.
De la mémoire bouriate recousue par Margarita Galandina aux alias multiples de Camille Lévêque, nous explorons cette « identité-relation » chère à Édouard Glissant. Le climat lui-même devient un acteur métaphysique : à travers le regard de Natalya Saprunova, nous voyons comment la perte d’une terre entraîne celle d’une cosmologie. Les auteurs que nous présentons dans ce numéro opposent le rêve et l’imaginaire pour rendre justice à la pluralité des êtres.
Ce goût du mouvement, Fisheye l’incarne aussi physiquement. Après treize ans, nous installons nos bureaux dans une ancienne usine près du canal Saint-Martin. Plus qu’un siège, cet atelier est une nouvelle maison où notre identité respire enfin. Dans une époque obscure, nous ne cherchons pas les grands phares, mais les « lucioles de Georges Didi-Huberman : ces lueurs minuscules et têtues qui nous guident. Ce numéro 76 ne vous offre pas des certitudes, mais des éclats. Quand les sols se dérobent, les images demeurent nos derniers rituels. »
L’édito de Benoît Baume – Directeur de la publication de Fisheye Magazine
Le droit au regard
« Fisheye #76 installe définitivement notre nouvelle formule.
Notre objectif est clair : rendre la culture de l’image plus lisible, toujours au service des auteurs et du décryptage. Pour ce numéro, nous posons une question simple et centrale : qui sommes-nous ? L’actualité s’invite d’abord dans Le Flux. Cette première séquence met en lumière des agendas divers sur ce qui nous passionne et nous questionne. Nos partenariats ponctuent le magazine, de l’engagement de Kyotographie au Japon au festival NOÛS, véritable laboratoire entre patrimoine et algorithmes. On y retrouve aussi le concours MPB ou encore l’exposition de Charlotte Perriand, La montagne re-créative. Ces pages lancent le mouvement que nous suivons tout au long de cette édition. Car l’identité, c’est d’abord un rapport physique à l’image. Lise Sarfati, qui ouvre nos Portfolios, le prouve en revenant à la pellicule 16 mm. En isolant des photogrammes à la lisière du cinéma expérimental, elle impose un retour radical au tangible. Cette quête traverse toutes nos pages, des approches intimes de Margarita Galandina, Stephan Gladieu, Manbo Key, Natalya Saprunova et Jorge Panchoaga, jusqu’aux nouveaux mondes explorés par Lou Fauroux et Luna Mahoux.
L’identité, c’est aussi une affaire de position. Notre Dossier explore la « justice narrative », où une nouvelle génération d’artistes bouscule le mythe du photographe intouchable. On le voit avec Sergio Guataquira Sarmiento qui interroge ses racines en filmant les Cacuas de Colombie, ou avec Flore Nappée qui filme l’Indonésie en assumant ses doutes de réalisatrice européenne. Cette exigence d’honnêteté porte aussi le travail de Nyo Jinyong Lian, qui signe notre couverture en révélant les jeux de pouvoir qui dictent nos rôles sociaux, tandis que Camille Lévêque s’amuse avec la notion de légitimité en créant sept alias au sein du collectif LIVE WILD.
Nous célébrons enfin l’artisanat dans Les Savoir-faire avec le tireur Thomas Consani, premier Maître d’Art en photographie. Le parcours s’achève par un décryptage pour « Déjouer la machine » dans Les Écrans, une « Cartographie du réel » dans La Librairie et les choix intimes de l’équipe créative dans Ce qui nous touche. Au fil de ces pages, une certitude s’impose : le regard humain, avec ses doutes et ses questionnements, reste le seul véritable moteur de la création. »
Fabrice Laroche – Rédacteur en chef de Fisheye Magazine
Au sommaire :
Le flux : suit l’actualité de l’image, en présentant les expositions du moment
#76 : Le passé pour preuve
Les portfolios : en complicité avec les photographes, donne à voir différentes séries d’auteurs parfois inédites
#76 : Identités plurielles avec notamment Lise Sarfati, Manbo Key, Jorge Panchoaga et Lou Fauroux ainsi que Les savoir-faire : rencontre avec Thomas Consani, Maître d’art — l’âme de la chambre noire
Le dossier : au cœur de chaque numéro, pose une question qui, à l’ère de l’intelligence artificielle, taraude un certain nombre d’entre nous
#76 : Quelle voix pour la mémoire ? avec Les repères, L’analyse et La transmission : Pierre-Jérôme Jehel et Sasha Mongin — se donner les outils pour construire
Les écrans : qui s’attache à décrypter la culture visuelle au quotidien
#76 : Déjouer la machine
La librairie : dédiée à l’édition photographique, gravite autour des livres photo
#76 : Cartographie du réel
Et également, les partenariats et chaque numéro s’achève avec la séquence finale Ce qui nous touche : les équipes de Fisheye partagent un de leurs récents coups de cœur avec les lecteur·trices.
Fisheye Magazine #76 — à retrouver en kiosque et sur abonnement, actuellement.

Fisheye Magazine #76 — nouvelle formule
Le passé pour preuve
Le flux
À voir, à faire, à méditer…
Le flux est le pouls du magazine. Cette séquence d’ouverture donne le tempo en regroupant nos agendas et les événements incontournables de la culture de l’image. Entre rétrospectives historiques et découvertes contemporaines, c’est le rendez-vous indispensable pour ne rien manquer. Sa mise en page flexible s’adapte à l’actualité. Un format court, pensé pour guider le regard vers l’essentiel.
Dans ce numéro, nous mettons en lumière des figures mythiques du XXe siècle, comme l’avant-gardiste Lee Miller au musée d’Art moderne de Paris ou la visionnaire Charlotte Perriand à Grenoble. Mais Le Flux, c’est aussi l’exploration des nouveaux visages de la création : des résidences de la Villa Pérochon à Niort au festival Mondes en commun du musée Albert-Kahn.




Fisheye Magazine #76 — nouvelle formule
Identités plurielles
Les portfolios
Véritable coeur visuel du magazine, cette séquence privilégie la proximité avec les photographes. À travers de grandes séries et des travaux souvent inédits, cette rubrique offre un espace où l’oeuvre prend le temps d’être regardée, loin du flux d’images quotidien.
Dans ce numéro, la sélection interroge ce qui définit l’être et son territoire. De l’exigence radicale de Lise Sarfati aux racines retrouvées de Margarita Galandina, en passant par les récits de Stephan Gladieu, Manbo Key, Natalya Saprunova et Jorge Panchoaga, chaque série explore une manière d’habiter le monde. Ce parcours se prolonge avec les visions de Lou Fauroux et Luna Mahoux, confirmant que l’image est avant tout un miroir de nos existences. Ici, la méthode – qu’elle soit organique ou digitale – s’efface derrière la quête de l’artiste. Entre la matière tangible et le virtuel, comment se construit notre propre identité ?






Fisheye Magazine #76 — nouvelle formule
Quelle voix pour la mémoire ?
Le dossier
Plongez dans l’enquête de Sofia Fischer : qui parle, pour qui et avec quelle légitimité ? Loin des débats sur l’autocensure, une nouvelle génération d’auteurs et d’autrices revendique une « justice narrative ». L’image n’est plus un simple exercice intellectuel, mais un engagement personnel. S’affranchissant du mythe du « sauveur blanc » hérité de Nanouk l’Esquimau, ces créateurs choisissent la transparence. Sergio Guataquira Sarmiento déconstruit son identité en Amazonie, tandis que Flore Nappée assume ses doutes de réalisatrice en Indonésie pour trouver la « juste distance ». La photographie devient une arme de réappropriation. De LaToya Ruby Frazier, qui fait de ses sujets des co-auteurs, à Nyo Jinyong Lian, qui révèle les rapports de force invisibles, l’image dit enfin la vérité. Avec les sept alias de Camille Lévêque, l’identité se multiplie pour mieux bousculer nos certitudes. Ce dossier le prouve : le regard gagne en force dès qu’il accepte sa propre complexité.
Les savoir-faire : rencontre avec Thomas Consani
Tireur argentique d’exception au laboratoire Picto et premier Maître d’Art de la photographie, ilest le gardien d’un savoir-faire historique. Dans le secret de la chambre noire, il interprète les négatifs des plus grands auteurs pour en révéler l’âme sur le papier. Un entretien sur l’art de l’ombre, l’héritage et l’urgence de la transmission.
La transmission : Pierre-Jérôme Jehel et Sasha Mongin
L’enseignant Pierre-Jérôme Jehel et son ancienne élève Sasha Mongin reviennent sur leur expérience aux Gobelins Paris. Un dialogue sur la nécessité de maîtriser les codes techniques et économiques pour mieux s’en affranchir et faire émerger une signature artistique personnelle.



Fisheye Magazine #76 — nouvelle formule
Déjouer la machine
Les écrans
À screener, à scroller, à sauvegarder…
Les réseaux sociaux ont transformé notre regard. Cette rubrique analyse comment la photographie résiste à l’uniformisation numérique et aux algorithmes.
L’enquête sur Instagram révèle un outil d’émancipation qui brise l’entre-soi traditionnel mais impose une esthétique uniforme et une censure absurde. Les photographes Adeline Rapon, Tom Kleinberg, Kamila K. Stanley et Etienne Boulanger y témoignent de leur combat pour transformer la machine en tremplin sans se trahir. Le favori de la rédaction, dédié à Denisse Ariana Pérez, propose un récit sensible pour briser les stéréotypes sur l’anatomie des corps. Enfin, notre « Sélection », interactive grâce aux QR codes, présente onze projets marquants à découvrir directement sur smartphone.

Fisheye Magazine #76 — nouvelle formule
Cartographie du réel
La librairie
À lire, à annoter, à feuilleter…
Cette séquence analyse l’édition photographique comme un espace de résistance matérielle face au numérique. L’ouvrage phare, Sous terre d’Antoine Lecharny et Annette Becker, y exhume l’histoire de la « Shoah par balles » à travers une topographie poignante des lieux de massacres. Éric Cez, président de France Photobook, y décrypte les mutations du secteur et défend une « économie de résistance » axée sur le temps long et la collaboration entre auteurs et éditeurs. Enfin, notre « Sélection » propose huit pépites éditoriales : les récits d’Albert Elm, Gilles Leimdorfer et David De Beyter ; les regards de Germaine Kanova et Wendelien Daan ; les carnets de Louise Chevallet et Jeanne Narquin, ainsi que la collection mini EPIC.

Fisheye Magazine #76 — nouvelle formule
Les partenariats
Fisheye cultive des liens étroits avec ceux qui font vivre l’image.
Au musée de Grenoble, l’exposition Charlotte Perriand – La montagne re-créative explore l’influence des sommets sur l’architecte à travers 59 clichés historiques réalisés entre 1927 et 1938. Au Japon, la 14e édition de Kyotographie s’est déployée sous le thème Edge, investissant des lieux d’exception à Kyoto pour une célébration engagée de la photographie contemporaine.

Fisheye Magazine #76 — nouvelle formule
Ce qui nous touche
En clôture du magazine, la direction artistique met la technique sur pause pour laisser parler l’émotion. Cinq visions très différentes portées par l’instinct qui prend le dessus pour transformer l’image en une rencontre personnelle.
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