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Fisheye Magazine #78 - Couverture : The Sky is Bigger in Texas © Caroline Ruffaut

disponible en kiosque + sur abonnement : actuellement

#78: la culture de l’image

Fisheye est le magazine qui décrypte le monde à travers la photographie contemporaine. Actuellement en kiosque, le numéro 78 qui décrypte la culture de l’image ainsi que le Hors-Série dédié au Bicentenaire de la Photographie exploré dans un prochain communiqué à venir.

À l’heure où la photographie se dilue dans un flux continu, Fisheye réaffirme son engagement envers le processus créatif et le regard des auteurs. Repensé, depuis le numéro #75, pour être au plus près du travail des artistes — avec une maquette épurée qui s’accorde avec la volonté de sublimer les œuvres et faire place à l’essentiel — Fisheye Magazine s’organise en cinq séquences traversées, pour ce numéro 78 par la question : Quels mondes allons-nous habiter ?

Fisheye Magazine #78 – Couverture : The Sky is Bigger in Texas © Caroline Ruffaut

Paysage transfiguré

« Mon voisin a 75 ans et des certitudes en béton armé. Ce matin encore, devant sa porte, il m’assurait qu’il avait déjà fait chaud en 1976, que tout cela n’était qu’un passage, rien de systémique. Pendant qu’il parlait, je pensais aux forêts calcinées, aux villages évacués, à ces étés qui ne sont plus des saisons, mais des épreuves. Le déni a ceci de confortable qu’il ne demande aucun effort d’imagination. La climatologue Valérie Masson-Delmotte, longtemps coprésidente d’un groupe de travail du GIEC, résume pourtant l’enjeu en une formule limpide : « Chaque demi-degré compte, chaque année compte, chaque choix compte. » Chaque regard aussi, aurais-je envie d’ajouter.
Car quelque chose s’est retourné dans notre rapport au paysage. Il fut notre évasion, notre horizon, notre promesse de voyage, l’espace même du possible. La première photographie de l’histoire, le Point de vue du Gras de Nicéphore Niépce, était déjà un paysage, cadré comme une fenêtre ouverte sur le monde. Deux cents ans plus tard, la fenêtre donne sur l’incendie. Le paysage est devenu angoisse, enfermement, danger, parfois mort. La forêt, refuge romantique, se transforme en combustible. La mer qui faisait rêver les peintres monte désormais dans les rapports d’experts. Et le refus de cette réalité ne se loge pas seulement dans les conversations de voisinage : il s’infiltre dans nos manières de présenter, de représenter et de rêver le monde. Continuer à produire des cartes postales, c’est aussi une opinion.
C’est précisément ce que ce numéro explore. Le paysage, exercice le plus classique de la photographie, n’a jamais été innocent. Dès 1975, l’exposition New Topographics rompait avec la contemplation pour en faire une construction sociale, un objet politique. Robert Adams, l’un de ses protagonistes, écrivait dans Beauty in Photography (1981) que les images de paysage offrent trois vérités : « la géographie, l’autobiographie et la métaphore ».
Autrement dit, quand nous photographions une montagne, nous nous photographions nous-mêmes. Nos peurs et nos désirs se projettent sur les collines comme des ombres portées. Les uns rêvent d’une nature intacte pour ne pas voir, les autres cadrent les cicatrices pour ne plus détourner les yeux. Le paysage est un prétexte, un miroir grand format, et s’y joue notre conception, individuelle et collective, de ce que signifie habiter le monde. Le philosophe Bruno Latour, dans Où atterrir ? (La Découverte, 2017), notait qu’appartenir à un sol, vouloir y rester et en maintenir le soin n’est devenu ringard que par contraste avec la fuite en avant de la mondialisation. Atterrir, donc, regarder où l’on pose les pieds. Raymond Depardon, arpenteur infatigable, l’écrivait dans Errance (Seuil, 2000) : « La quête du lieu acceptable, c’est la colonne vertébrale de l’errance. » Toute la question est là : combien de temps ces lieux resteront-ils acceptables, et pour qui ? […]
Alors, quel monde allons-nous habiter ? Celui que nous accepterons de regarder en face, et que nous aurons le courage de représenter sans fard. Mon voisin peut bien invoquer 1976 : les photographes de ce numéro, eux, ont déjà compris que le pays »
L’édito #78 de Benoît Baume – Directeur de la publication de Fisheye MagazineSommaire

Sommaire

Le flux : qui suit l’actualité de l’image, en présentant les expositions du moment
#78 : Le temps du Bicentenaire

Les portfolios : en complicité avec les photographes, qui donne à voir différentes séries d’auteurs parfois inédites
#78 : Des mondes en mutation avec, notamment, Vincent Catala et son projet Île Brésil, Antoine De Winter, Dana Cojbuc, Zhang Wenxin, Fred Mortagne, Lucas Troadec, David de Beyter et Mélanie Courtinat ainsi que Les savoir-faire : rencontre avec Calvin Grier

Le dossier : au cœur de chaque numéro, qui pose une question qui, à l’ère de l’intelligence artificielle, taraude un certain nombre d’entre nous
#78 : Décortiquer le paysageavec Une image, une histoire : Les backrooms, Les repères : 200 ans de transformations du territoire et L’analyse : Du territoire à l’image

Les écrans : qui s’attache à décrypter la culture visuelle au quotidien
#78 : L’attention — l’exploration sans fin des mondes vidéoludiques

La librairie : dédiée à l’édition photographique, gravite autour des livres photo 
#78 : Sensibilité en construction 

Et également, les partenariats et chaque numéro s’achève avec la séquence finale Ce qui nous touche : les équipes de Fisheye partagent un de leurs récents coups de cœur avec les lecteur·trices et la chronique de Benoît Baume.

Fisheye Magazine #78 — à retrouver en kiosque et sur abonnement, actuellement.

Fisheye Magazine #78- Le flux – Wave 01, 2010. © Satoru Kondō
Fisheye Magazine #78 – Le flux

Fisheye Magazine #78
Le temps du Bicentenaire
Le flux

À voir, à faire, à méditer…
Le flux est le pouls du magazine. Cette séquence d’ouverture donne le tempo en regroupant nos agendas et les événements incontournables de la culture de l’image. Entre rétrospectives historiques et découvertes contemporaines, c’est le rendez-vous indispensable pour ne rien manquer. Sa mise en page flexible s’adapte à l’actualité. Un format court, pensé pour guider le regard vers l’essentiel. 
Dans ce numéro, sont mis en avant les événements qui ouvrent la saison. Parmi eux se compte notamment FLASH, un nouveau festival photo ancré à Fontenay sous-Bois, labellisé pour le Bicentenaire de la Photographie. Sont présentées également les prochaines expositions à découvrir à la MEP, au musée des Arts décoratifs, au Théâtre du Nord, à Lille, et les festivals des Photaumnales ou de BarrObjectif.

Fisheye Magazine #78 – L’entrevue : Vincent Catala
Fisheye Magazine #78 – Les savoir-faire : Calvin Grier
Fisheye Magazine #78 – Portfolio : Dana Cojbuc
Fisheye Magazine #78 – Portfolio : Lucas Troadec

Fisheye Magazine #78
Des mondes en mutation
Les portfolios

Véritable cœur visuel du magazine, cette séquence privilégie la proximité avec les photographes. À travers de grandes séries et des travaux souvent inédits, cette rubrique offre un espace où l’œuvre prend le temps d’être regardée, loin du flux d’images quotidien.
La section s’ouvre sur Vincent Catala et son projet Île Brésil, qu’il expose au musée de la Photographie de Charleroi, en Belgique, jusqu’au 27 septembre 2026. À cette occasion, celui-ci s’augmente d’un film évoquant son retour à Altamira, une ville située cœur de l’Amazonie brésilienne. Viennent ensuite les séries d’Antoine De Winter, de Dana Cojbuc, de Zhang Wenxin, de Fred Mortagne, de Lucas Troadec, de David de Beyter et de Mélanie Courtinat qui s’intéressent à différents aspects du paysage.

Les savoir-faire : rencontre avec Calvin Grier
Calvin Grier passe le plus clair de son temps à jouer avec la chimie et la photographie au sein de The Wet Print, un studio qu’il a ouvert à Valence, en Espagne, il y a plus de dix ans. Animé par la recherche, l’artiste s’intéresse surtout aux procédés d’impression à base de pigments naturels, plus respectueux de l’environnement. Pour Fisheye, il explique en quoi consiste cette démarche.

Fisheye Magazine #78 – Le dossier
Fisheye Magazine #78 – Les repères
Fisheye Magazine #78 – L’analyse
Fisheye Magazine #78 – Une image, une histoire

Fisheye Magazine #78
Décortiquer le paysage
Le dossier

Le dossier examine le paysage dans ses moindres aspects. Les repères, tout d’abord, retracent deux cents ans de transformation du territoire, allant de la première héliographie de Nicéphore Niépce aux mondes virtuels générés par intelligence artificielle. L’analyse témoigne des réalités multiples qu’il recouvre et montre comment, depuis les années 1970, les photographes en interrogent sa fabrique et composent une imagerie de ses mutations, fractures ou évolutions.

Une image, une histoire : Les backrooms, quand l’imaginaire façonne la peur
Pendant des années, la photographie anonyme des « backrooms », ces espaces vides et sans fenêtre, a obsédé Internet, engendrant un mythe horrifique collectif jusqu’à séduire Hollywood. Un cauchemar contemporain dont le point de départ, une photo datant de 2002 et dont l’origine a été débusquée en 2024 par des détectives du web, cache une banalité déconcertante.

Fisheye Magazine #78 – Les écrans
Fisheye Magazine #78 – Les écrans – L’attention
Fisheye Magazine #78 – Les écrans – L’attention et le favori
Fisheye Magazine #78 – Les écrans – La sélection

Fisheye Magazine #78
L’attention : l’exploration sans fin des mondes vidéoludiques
Les écrans

À screener, à scroller, à sauvegarder…
Les réseaux sociaux ont transformé notre regard. Cette rubrique analyse comment la photographie résiste à l’uniformisation numérique et aux algorithmes.

Si la photographie atteste du réel, qu’en est-il des mondes immersifs et vidéoludiques ? Trop longtemps condamnés à être purement fantasmagoriques, ces derniers défendent pourtant un regard singulier, qui relève moins de la science-fiction que de l’exploration.

Le favori
Le favori de Marie Baranger est dédié à Vera Aalber. Dans Self-Portrait no.1, l’artiste compose un court métrage qui s’ouvre sur ces vers explicites : « I have a special deal for you, five memories for the price of two. » Ou, autrement dit en français : « J’ai une offre spéciale pour toi : cinq souvenirs pour le prix de deux. »

La sélection
Enfin, la sélection invite à poser un autre regard sur ce monde qui vibre juste sous nos yeux. Au fil des QR codes, découvrez divers univers, tous ancrés, cette fois-ci, dans le paysage.

Fisheye Magazine #78 – La librairie
Fisheye Magazine #78 – La librairie – La sélection : Livres

Fisheye Magazine #78
Sensibilité en construction
La librairie

À lire, à annoter, à feuilleter…
La librairie prolonge la thématique. L’ouvrage porte sur la fabrique du sensible et présente trois photographes – Małgorzata Stankiewicz, Sylvie Bonnot et Chiara Indelicato – qui, face à l’urgence climatique, inventent de nouvelles écritures visuelles où la nature devient à la fois sujet, matière et récit. L’association France PhotoBook, quant à elle, dépasse les frontières de l’Hexagone à l’occasion de plusieurs événements à découvrir cet automne.

Fisheye Magazine #78 – Les partenariats : Exposition Lettres d’amour à la photographie à la Fondation Henri Cartier-Bresson

Fisheye Magazine #78
Les partenariats

Fisheye cultive des liens étroits avec ceux qui font vivre l’image.
La nouvelle édition des Photaumnales met l’accent sur le rapport entre patrimoine et création contemporaine. À la Fondation Henri Cartier-Bresson, l’exposition Lettres d’amour à la photographie rend compte de l’obsession pour l’image de Daido Moriyama. Jusqu’au 30 septembre 2027, le Réseau LUX célèbre deux siècles de photographie tout en valorisant la richesse de la création contemporaine et la diversité des territoires qui la font vivre. Enfin, le prix Roger Pic récompense Vincent Gouriou pour sa série documentaire sur le quotidien des aides à domicile de Ribérac et de Tocane-Saint-Apre, en Dordogne.

Fisheye Magazine #78 – Ce qui nous touche

Fisheye Magazine #78
Ce qui nous touche

À travers cette rubrique qui clôt le magazine, journalistes et collaborateur·trices lèvent le voile sur les clichés qui les habitent, dévoilant comment une simple image vient percuter leurs histoires intimes.

actuellement
Fisheye Magazine #78
+ 156 pages
+ 8,90 €
+ Dans les kiosques, via la boutique en ligne et sur abonnement : ICI et ICI
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FISHEYE

Raconter, Inspirer, Révéler 

Média d’avant-garde devenu une référence en photographie contemporaine, Fisheye s’articule autour d’un écosystème complet : le magazine papier et numérique avec la culture de l’image comme boussole, deux galeries (Paris et Arles), une maison d’édition, une agence de conseil et de production et un département immersif. À travers Fisheye Immersive, à la fois média et producteur, Fisheye explore les arts numériques, immersifs et l’intelligence artificielle et crée des œuvres et des formats innovants qui reflètent les regards contemporains.

Fisheye est :

– un magazine bimestriel de 140 pages, disponible en kiosque et dans les librairies, Fisheye explore le monde à travers toutes les écritures photographiques en privilégiant les regards d’auteur·ices émergent·es, sans oublier les photographes confirmé·es ;

– un site internet et des réseaux sociaux avec des rubriques pour découvrir les tendances et les actus, les portfolios et les entretiens, les livres et les vidéos, ainsi que nos coups de cœur. Le site de Fisheye est relayé par une présence quotidienne sur les réseaux sociaux : Instagram, Facebook, X… ;

– un média dédié aux arts numériques Fisheye Immersive est le média de référence dédié aux arts numériques et immersifs. Il se décline en une newsletter éditoriale bimensuelle, un magazine en ligne, et une revue imprimée annuelle dont le #1 est disponible sur le Fisheye Store ;

– une maison d’édition : Fisheye Éditions ayant pour ambition de donner à voir des écritures photographiques variées en proposant des visions d’auteur·trices sur notre monde ;

– une galerie à Paris et à Arles, ouverte depuis 2016 pour accorder une attention particulière à la nouvelle génération d’auteur·ices qui fait ses premiers pas sur le marché de l’art avec éditions limitées, tirages sélectionnés et prix étudiés s’affichent sur les murs de la Fisheye Gallery aux Rencontres d’Arles durant l’été ;

– et Fisheye Store regroupant l’ensemble l’univers de Fisheye : à retrouver tous les anciens numéros, le Fisheye Photo Review, les livres, les tirages d’artistes et les goodies.

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